- Un crucifix

Posté par Pèlerin le 30 août 2010

 

C’est à partir d’août 1961 que les fillettes commencèrent à emporter avec elles un crucifix.

Dès le premier « Appel », elles allaient le chercher chez elles et le cachaient dans leurs vêtements. Au troisième, l’extase toute proche, elles le prenaient en main. L’extase commencée, leur premier geste était de l’offrir au baiser de la Vierge. parfois, elles le baisaient elles aussi, et ensuite le présentaient aux lèvres des assistants, pas toujours à tous. De plus il leur arrivait de faire elles-mêmes le signe de croix sur l’un ou l’autre.

 Nous nous trouvons dans la cuisine de Conchita, et c’est Loli qui y est en extase. A travers la fenêtre ouverte, elle offre un crucifix au baiser des personnes qui se trouvent hors de la maison d’Aniceta. La propriétaire du crucifix, une dame, se trouvait avec nous dans la cuisine. Pour elle – on le comprend d’ailleurs – c’était une véritable relique, et elle craignait plus que tout de le perdre.

- Mon crucifix, mon crucifix, répétait-elle comme une enfant gâtée !

Conchita qui n’était pas en extase s’énerva :

- Quelle femme impertinente ! Qu’on le lui rende une fois pour toutes. Et s’approchant de Lili, elle lui reprit le crucifix délicatement.

Enfin satisfaite, la dame s’en alla avec son trésor.

- Loli, elle, resta sans crucifix, toujours face  à la fenêtre ouverte, les mains jointes sur la poitrine, devant ceux qui la regardaient de l’extérieur.

Quelques instants plus tard, on l’entendit :

- Conchita, la Vierge te fait dire de demander celui du Père.

A ce moment-là, j’étais le seul prêtre présent dans la cuisine, près de la porte d’entrée, les mains dans les poches.

Ma réaction intérieure fut immédiate, et je la formulai secrètement :

- Loli, si tu ne me le demandes pas toi-même, je ne te le donne pas. J’exige de toi cette preuve. Je t’attends.

Quelques détails qui permettront de mieux « voir » ce qui allait se passer, me paraissent utiles. Je n’avais pas l’habitude de porter un crucifix sur moi. Comme par hasard, ce jour-là, je l’avais dans la poche droite de ma soutane, et je le tenais bien serré dans ma main. On verrait bien ce qui se passerait. En tout cas, j’attendrais autant qu’il le faudrait, regardant à distance la voyante qui nous tournait le dos à nous tous.

Conchita n’avait-elle pas entendu ou pas compris la question de Loli ? peut-être, elle ne me demanda rien.

Alors Loli, toujours en extase, fit demi-tour sur elle-même, vient vers moi et s’arrêta devant moi. D’un mouvement étonnant du bras droit, avec une souplesse stupéfiante, et une agilité incroyable, elle introduisit la main droite dans la poche droite de ma soutane. Elle atteignit ma main fortement fermée sur mon crucifix, l’ouvrit malgré moi, la laissa dans ma poche et sortit gracieusement de sa cachette le crucifix.

Un autre détail important : l’ouverture de cette poche me permet d’affirmer qu’avec ma main posée là où elle était, il n’y avait aucune possibilité humaine d’y introduire une autre main, si petite qu’elle fût.

Quand je revois la scène, je crois que le cinéma n’a jamais filmé rien qui puisse être comparé à la beauté surhumaine des gestes de Loli, en cette occasion. Cette beauté et la force surhumaine aussi de l’enfant m’émurent tellement que ma main desserrée, et mon crucifix parti, je lui dis, vaincu :

- Prends-le, prends-le, cette preuve me suffit.

 Don José Ramon Garcia de la Riva

 

Un crucifix

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