- Aux heures de la nuit

Posté par Pèlerin le 7 septembre 2010

Voyantes de Garabandal 

Ceux pour qui la nuit était motif de méfiance ne réagissaient pas mieux devant les preuves de jour qui furent pourtant nombreuses. Leur attitude aurait-elle été différente si la circonstance de la nuit n’avait pas existé ? Certains passages de l’Evangile nous éclairent sur ce point :

« Mais à qui puis-je comparer cette génération , Elle ressemble à des gamins qui, assis sur les places, en interpellent d’autres en disant : »Nous vous avons joué de la flûte et vous n’avez pas dansé ! Nous n’avons entonné des chants de deuil et vous ne vous êtes pas frappé la poitrine ! »

Jean vient en effet, qui ne mange ni ne boit et l’on dit : « Il est possédé ! » Vient le Fils de l’homme, qui mange et qui boit, et l’on dit : « Voilà un glouton et un ivrogne, un ami des publicains et des pécheurs ! » Mais justice a été rendue à la Sagesse par Ses oeuvres »(Mt 11,16-19)

Et ce passage où Jésus dit au fonctionnaire royal de Capharnaum : « Si vous ne voyez signes et prodiges, vous ne croirez donc pas ». (Jn 4,48)

Car on peut toujours trouver des raisons pour ne pas croire, si ce qu’il faut accepter, dans quelque circonstance que ce soit, ne correspond pas à notre désir. Le mauvais riche de la parabole demandait, de l’enfer, au patriarche Abraham, d’envoyer sur terre le pauvre Lazare afin qu’il instruise ses frères. Et Abraham de répondre : « Ils ont Moïse et les prophètes. Qu’ils les écoutent !…

- Non, dit le riche. Mais si quelqu’un de chez les morts va les trouver, ils se repentiront ». Mais Abraham lui dit : « Du moment qu’ils n’écoutent ni Moïse ni les prophètes, même si quelqu’un ressuscite d’entre les morts, ils ne seront pas convaincus ». (Lc 16, 27-31)

La Vierge répondit par une expression de tristesse à cette question qui indiquait, au moins de la part de certains, une disposition déloyale.

Elle seule comprenait vraiment toutes les raisons : cependant certaines se présentent à notre esprit. C’est pourquoi nous ne saurions nous étonner du fait que ce choses soient arrivées la nuit.

« Jamais , lisons-nous dans le rapport du Père Andreu, les visions et les phénomènes de Garabandal ne se sont déroulés dans des circonstances favorisant une assistance nombreuse. Tout au contraire. C’est ainsi que les plus intéressantes manifestations ont eu lieu quand la grande foule était partie. »

Le fait que beaucoup de ces phénomènes ne soient produits de nuit eut avant tout un résultat de sélection : comme il n’était pas agréable d’attendre des heures et des heures pour se trouver finalement dans une nuit incommode, en état de veille et presque sans repos nombreux étaient ceux qui abandonnaient les lieux et partaient du village, surtout ceux qui étaient venus dans le seul dessein de faire une excursion agrémentée d’un spectacle original…

Il ne restait donc plus que ceux qui étaient vraiment à l’écoute de Dieu et cherchaient la vérité de tout leur coeur. Ainsi un public très réduit -mais constamment renouvelé – pouvait observer les faits et s’associer au mystère que vivaient les fillettes de Garabandal.

La nuit, si souvent complice du péché, était dans le village visité par Notre Dame marquée d’un grand signe de pénitence, de prière, d’expiation. Ceux qui s’associaient en toute conscience aux « événements divins » vécus par les voyantes connaissaient par leurs propres sacrifices et .la rigueur de ces heures de veille dont ils sortaient épuisés.

Quoi qu’en pensent certains esprits malveillants, les nuits de Garabandal n’étaient pas des nuits de péché. Elles étaient des nuits d’expiation pour les péchés, selon la recommandation adressée par l’ange aux enfants de Fatima : « Vous devez beaucoup prier en disant ainsi : Mon Dieu, je crois, j’espère, j’adore et je vous aime…. et je vous prie pour ceux qui ne croient pas, qui n’espèrent pas, qui n’adorent pas et qui ne vous aiment pas ». C’est pourquoi ces nuits ont laissé des traces infeffaçables en bien des coeurs. L’âpreté et les difficultés du chemin conduisant au village, puis de la calleja, étaient déjà un symbole de la route pénitentielle que devaient suivre ceux qui voulaient entrer dans la marche si souvent déconcertante de ces événements.

Leur caractère nocturne est-il un phénomène nouveau dans l’expérience des chrétiens ? Ne savons-nous pas que les heures de la nuit apparaissent, dans l’histoire du Salut, comme un temps de prédilection pour l’ »admirabile commercium » entre Dieu et les hommes ? Souvenons-nous de quelques circonstances parmi les plus connues : c’est la nuit que Joseph a appris le grand secret de Marie dont dépendait notre salut ; au milieu de la nuit se situe la naissance sur notre terre du Fils de Dieu devenu Fils de l’homme ; plus tard les heures de la nuit seront celles qu’Il choisira pour prier, au cours de sa vie publique…. C’est ainsi que le mystère de l’Incarnation, sommet de toute l’Histoire, et plus spécialement de l’Histoire du Salut, se réalise dans le mystère de la nuit. La messe du dimanche dans l’octave de la Nativité commence solennellement par ces paroles du Livre de la Sagesse (18, 14-15) : « Alors qu’un silence paisible enveloppait toutes choses et que la nuit parvenait au milieu de sa course rapide, du haut des cieux, Ta parole toute puissante s’élança du trône royal ».

Souvenons-nous enfin de la vie des saints : c’est aux heures de la nuit qu’avaient lieu de préférence leurs grandes communications avec Dieu. Comme s’Il se complaisait à entrer en communication avec ses préférés justement aux heures pendant lesquelles Il est le plus offensé.

Il n’y a pas de raison d’associer systématiquement les heures des ténèbres à l’action de la Puissance des Ténèbres. C’est pourquoi il me paraît bien léger et déraisonnable de vouloir trouver dans le caractère nocturne des événements de Garabandal un signe d’origine diabolique…. D’ailleurs, ceux qui veulent mettre leur mauvaise conduite à l’abri de l’obscurité n’ont aucune raison d’aboutir à Garabandal. En n’importe quel endroit ils peuvent trouver la même obscurité pour cacher les désordres de leur vie indigne.

Selon les exhortations de l’apôtre : « Laissons les oeuvres des ténèbres pour revêtir les armes de lumière » (Rm 13,12)

Père Eusebio Garcia de Pesquera

« Elle se rendit en hâte à la montagne« 

le Christ au Mont des Oliviers

 

 

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