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- Garabandal, l’annonce d’un dogme à venir ?

Posté par Pèlerin le 20 mai 2011

Le  3 septembre 1972, l’Abbé de Bailliencourt donna une conférence sur Marie « Médiatrice et Corédemptrice ». Ce dogme sera-t-il un jour proclamé grâce aux Apparitions de Garabandal ? Cela se pourrait bien et nous l’espérons, d’autant plus que d’après ce prêtre, Garabandal semble l’unique lieu d’Apparitions où la notion  de Médiation et de Corédemption de Notre Dame est préfigurée.

 « Priez-nous sincèrement, et nous vous le donnerons » (Notre Dame le 18 juin 1965)

« Comme il a déjà été dit, Marie se considère « comme » l’égale de Dieu pour recevoir nos prières et nous dispenser les grâces ; Elle parle, Elle commande « au nom de Dieu » ; bref, Elle se désigne ici comme la « Médiatrice de toutes Grâces », aux côtés du Médiateur unique…

S.S. Benoît XV avait approuvé une Messe et un Office liturgiques pour l’Eglise Universelle, fixés au 31 Mai, proposant ainsi à la vénération des fidèles une Vérité crue par toute la Tradition ; en 1955, S.S. Pie XII établissait, ce même jour, la Fête de « Marie-Reine ».

N’était-ce pas mettre ainsi plus en relief l’étendue quasi infinie et le pouvoir universel de la Maternité de Marie sur les âmes et mieux faire ressortir sa « Médiation de toutes Grâces » ? Ce n’est cependant pas encore un Dogme de Foi ; les préparatifs de la Proclamation se sont arrêtés, dit-on, avec les travaux de Vatican II * (voir bas de page) ; puissent-ils reprendre sans tarder pour la plus grande Gloire de l’Eglise et de Marie, et pour notre satisfaction…. »

Mais d’abord, qu’est-ce qu’un médiateur ? L’Abbé de Baillencourt reprend l’explication.

« Le « Médiateur » est celui qui tient le milieu entre deux extrêmes et les unit l’un l’autre » nous dit Saint Thomas (Som. Théol. III qu. 26). (…) »

«Seulement est parfaitement entre Dieu et les Hommes, le Christ n’a pas été constitué médiateur par les hommes, mais par Dieu. Lui seul est ainsi le parfait Médiateur entre Dieu et les hommes parce qu’Il a réconcilié le genre humain avec Dieu.

Mais Il n’est médiateur que selon son Humanité, « comme homme » : inférieur à Dieu selon sa nature humaine créée, et au-dessus des hommes en raison de la dignité qui lui vient de l’Union hypostatique et de la plénitude de Grâce et de Vérité (Jean 1,14) = Médiation naturelle et en puissance ; Il réunit aussi les hommes à Dieu, apportant aux hommes les préceptes et les dons de Dieu, satisfaisant et intercédant auprès de Dieu pour eux = Médiation morale et en acte.

Il peut y avoir d’autres médiateurs entre Dieu et les hommes, en cela seulement qu’ils ont coopéré à cette union entre Dieu et les hommes, secondairement et de façon subordonnée au Christ :

* dispositivement : en préparant à la médiation du Christ

* ministériellement : en appliquant les fruits de la rédemption au nom et en vertu du Christ.

Ainsi la Vierge Marie peut-Elle être appelée Médiatrice de toutes Grâces entre Dieu et les hommes tant pour leur acquisition que pour leur obtention et leur distribution ; cela ne retire rien à la Médiation suprême de l’unique Médiateur et Rédempteur : Marie n’intervient pas séparément et indépendamment du Christ, mais conjointement et en dépendance… »

L’Abbé de Bailliencourt nous explique alors en quoi consiste la médiation de Marie.

«  Si la Vierge peut nous obtenir les Grâces et nous les distribuer, c’est parce qu’Elle les a acquises vraiment ; le fondement de sa médiation pour l’obtention et la distribution des Grâces est donc sa médiation pour leur acquisition, c’est à dire sa coopération à la Rédemption, en tant que Mère de Dieu, Fils de Dieu incarné et rédempteur.

Elle a coopéré en effet à notre rédemption en la consommant par son propre sacrifice consenti à l’Incarnation et accompli au Calvaire.

- Elle a donné son libre, volontaire et plein consentement, au moment de l’Incarnation, à n’être pas seulement la Mère de Dieu, mais également du Sauveur en tant que tel, c’est à dire à l’accomplissement total de ce Mystère, à savoir l’Incarnation rédemptrice.

Elle a consenti à l’Incarnation ttelle qu’elle devait se réaliser c’est à dire avec le Sacrifice de la Croix auquel elle était ordonnée, avec la part de souffrances qui devait en résulter pour Elle.

Elle a consenti à donner à Notre Seigneur le corps qu’Il devait immoler pour satisfaire pour nos péchés et acquérir notre Salut.

- Ce consentement dut se renouveler constamment jusqu’à la pleine et suprême consommation du Calvaire dans une intime communion de douleurs et de volonté, et durant tous les instants.

Marie eut ainsi la charge d’offrir au Temple (Luc 2,22), de garder, de nourrir la divine victime, de compatir à Elle immolée sur la Croix et de L’offrir, au moment voulu à l’autel du Sacrifice y participant avec ses propres souffrances, « debout » au pied de la Croix en tant que Mère du Dieu homme -rédempteur en son Associée, son Epouse dans l’humilité, la pauvreté, les travaux et les larmes.

Par sa Compassion, Elle satisfait donc pour nous, imparfaitement et en convenance, ce que le Christ satisfait strictement pour nos péchés.

Ce consentement si parfait, donné à l’Annonciation et incessamment renouvelé avec une si grande Charité unissant Marie à Jésus jusqu’à la consommation suprême du Calvaire, nous mérite, en convenance, le Salut et tous les moyens de Salut que Jésus, seul Médiateur, nous mérite strictement.

- Nature de cette coopération :

Elle ne peut être que subordonnée à la Médiation de Jésus, secondaire et dépendante, parce que dérivée de la vertu et des mérites du Christ ;

Marie, Elle-même, a été rachetée par Notre Seigneur non d’une rédemption libératrice comme le reste des créatures, mais d’une rédemption préservatrice provenant d’une Grâce toute particulière : Immaculée Conception.

- Titre de « Corédemptrice »

Les textes pontificaux ne connaissent pas cette expression, mais emploient des termes équivalents. Cela ne veut rien dire de plus que cette simple coopération secondaire et dépendante, subordonnée, à la Rédemption de Jésus.

- Participation de Marie au Sacerdoce de Jésus

C’est une conclusion théologique certaine que Marie coopéra de quelque manière à l’acte principal du Sacerdoce de Jésus, en donnant son consentement au Sacrifice de la Croix tel qu’il a été accompli par Notre Seigneur au Calvaire, le Vendredi Saint.

Or, l’acte principal du Sacerdoce de Jésus, c’est celui par lequel Il s’est offert en Sacrifice pour le Salut du monde, à la fois Victime et Hostie (S. Th III q.22), pour réconcilier le monde avec Dieu, expier tous les péchés de l’humanité, méritant strictement pour elle tous les dons divins : c’est l’acte de l’offrande suprême, sa mort….

Marie y coopéra par le consentement donné à l’Incarnation – au moment de l’Annonciation – renouvelé constamment, et par l’offrande du Sacrifice de son fils pour le Salut du monde dans une communion ininterrompue de souffrances, comme indiqué plus haut.

Marie coopère encore incessamment à la collation de toutes les Grâces que Notre Seigneur, Souverain Prêtre, ne cesse d’appliquer comme fruit de la rédemption à toute l’humanité. C’est Notre Seigneur qui applique Lui-même, dans les Sacrements et par l’intermédiaire des prêtres, les Grâces qu’Il nous a méritées par sa Passion ; Marie y coopère par les faveurs qu’Elle nous obtient pour nous disposer mieux à une digne réception des Sacrements.

En raison et à cause de cette double coopération au Sacerdoce de Jésus, Marie peut être appelée « Virgo sacerdos ».., en ce sens qu’il ne s’agit que d’une simple participation au Sacerdoce de Jésus.

Il y a d’ailleurs là une corrélation intime entre cette expression et celle de médiation ou de corédemptrice : simple coopération secondaire et subordonnée, d’où simple participation à un tire de Notre Seigneur.

CONCLUSION

Ainsi, trouvons-nous, à Garabandal, au moins dans un texte explicite – et pour la première fois dans l’histoire des Apparitions, à ce que je sache – sans parler des gestes et attitudes des voyantes qui nous indiquent semblable réalité, la Vierge marie s’affirmant « officiellement » « Médiatrice de toutes Grâces » aux côté de l’unique Médiateur.

Cela est bien pour réjouir nos coeurs aimants….

Si, nous avons étudié le fondement de la Médiation pour l’obtention et la dispensation des Grâces, n’ayons pas peur de recourir à Marie davantage pour qu’Elle intercède en notre faveur.

« Elle qu’on n’a jamais entendu dire qu’aucun de ceux qui ont eu recours à sa sainte protection et imploré ses suffrages ait été abandonné. »

Abbé de Bailliencourt – conférence donnée le 3 septembre 1972

* NDLR : Lire à ce sujet ici sur les préparatifs du dogme lors du dernier concile.
un extrait de l’excellent article : « Selon le P. Rahner (…), le schéma tel qu’il était rédigé était « une source de vives inquiétudes » pour lui^-même et pour les P.P. Grillmeier et Semmelroth ainsi que pour l’Abbé Ratzinger, qui l’avaient également examiné d’un point de vue théologique. Si ce texte était adopté, affirmait-il, « il en résulterait un mal inimaginable du point de vue oecuménique, tant en ce qui concernait les Orientaux qu’en ce qui concernait les Protestants ».

***

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- Les veillées de Garabandal

Posté par Pèlerin le 20 mai 2011

Témoignage de ce qu’étaient alors les veillées de Garabandal.

« Lorsqu’en raison des appels, on attendait la visite de la Vierge, ni les fillettes ni les parents n’allaient se coucher. Nous avons passé plusieurs de ces veillées dans la maison de Conchita avec la mère Aniceta, son frère aîné Serafin et quelques visiteurs. Qui pourrait dire l’enchantement de pareils moments ? Elles étaient véritablement uniques ces nuits d’attente. Le temps se passait en prières, cantiques pieux et commentaires sur l’inépuisable bonté de la Vierge, chacun apportant ses propres et inoubliables expériences ».

Mais il faut bien comprendre que de telles nuits de veille, et spécialement pour ceux qui les avaient vécues une ou plusieurs fois, n’étaient pas toujours un enchantement !

Le 22 novembre 1962, Maximina (tante de Conchita) écrivait à Dona Eloisa de la Roza Velarde : « Le samedi nous sommes montés aux Pins en récitant le chapelet, il a plu sans arrêt. Nous sommes allés jusqu’au cimetière, dans la boue jusqu’aux genoux. Le dimanche, nous sommes montés aux Pins sous la neige, indifférents aux intempéries. Ensuite les fillettes descendirent à reculons, à genoux, sur la neige et par les endroits les plus difficiles. Puis nous sommes allés au cimetière sous la grêle et par un vent violent. Le mardi, même chose ; le mercredi, la nuit était plus belle mais encore bien glaciale ».

Le Dr Ortiz me rapporta un jour ce que lui avait raconté la fille de Primitiva. « La nuit du premier décembre je souffrais de violents aux de dents, au point que je dus m’aliter. Vers trois heures du matin j’entendis du bruit dans la maison de Jacinta, je me penchai à la fenêtre et vis sortir la fillette en extase malgré le froid et la pluie. Cela me fit de la peine et je descendis pour l’accompagner. Au moment où j’allais la rejoindre, la porte de sa maison s’ouvrit, sa mère Maria sortit de très mauvaise humeur en disant : « Ce que tu me fais faire aujourd’hui, je ne le referai plus ; la prochaine fois, je barricaderai solidement la porte ».

Dans la rue, nous rencontrâmes Maria Dolores également en extase et seule. J’allais prévenir sa mère Julia, et peu après nous marchions ensemble, les deux fillettes devant, nous trois derrière. Elles nous firent monter aux Pins par deux fois ! Récitant le chapelet, et comme d’habitude nous parcourûmes le village. La nuit était vraiment effroyable, la mauvaise humeur de Maria ne cessait pas. Julia tentait de la calmer : « que peut-on y faire ! Ce sont les choses de Dieu. Aujourd’hui je dois te consoler, d’autres fois c’est toi qui m’a réconfortée ».

Les veillées de Garabandal avaient beaucoup de charme, mais incitaient avant tout à la pénitence. Il était inévitable que parfois la fatigue se fît sentir. Don Luis Navas Carrillo entendit une fois Conchita en extase : « Pourquoi ne m’as-Tu pas laisssé souper ? Avant Tu ne me laissais pas dormir, maintenant Tu me prives de manger. Au Ciel sûrement on n’a pas besoin de manger, en voyant Dieu !… Mais moi comme je ne vois pas Dieu, j’ai besoin de manger ». Réflexion spontanée de la fillette à cette incomparable mère.

NDLR : on ne peut s’empêcher de penser aussi à Fatima où les pélerins attendaient sous une pluie battante,  le miracle annoncé par Notre Dame (miracle du soleil)

extrait de Garabandal, faits et dates du R.P. Eusebio Garcia de Pesquera

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